Du pain, des jeux et du cul

20 septembre 2011 — Laisser un commentaire

Nous sommes face à un véritable point de rupture. La Grèce s’approche de la cessation de payement, le ministre du Trésor italien Tremonti a proposé à la Chine des obligations italiennes. Les hôpitaux espagnols n’ont pas de quoi payer. L’euro plonge. Les bourses s’effritent. Les Portugais ont recommencé à émigrer. Le franc suisse ballotté dans une tempête dont la fin n’est pas prévue.
C’est vrai, notre estomac n’est pas vide et nous ne souffrons pas des malheurs qui touchent la Corne de l’Afrique. Travail, épargne et protection sociale n’en alimentent pas moins des angoisses dont même les multinationales pharmaceutiques ne peuvent se réjouir du fait des abîmes creusés dans les systèmes européens de sécurité sociale. Pauvreté et indigence augmentent. Fukushima? Oubliée. La tentation de ponctionner le divertissement et le vice s’accentue.

Alors il ne nous reste que le cul. Le prince est nu et pour nous distraire, les caméras se braquent sur sa braguette. Il est impératif de savoir, dans le détail, ce qu’il s’est passé dans la suite 2806. Il y a eu des avances? Lesquelles? Qui a dégrafé quoi? Combien de sperme? Faute d’un procès et d’un interminable feuilleton, il faut des explications claires, si possible crues. Faute d’un sextape issu des caméras du Sofitel balancé sur Internet, il faut des fuites d’informations; il devient essentiel de visualiser la fellation ou un autre acte sexuel, pourvu qu’il soit scabreux.

L’exemple de ce que sera le futur nous vient de ce laboratoire qu’est l’Italie, où son roi est à poil. Le cul de Berlusconi couvre les pages des quotidiens, ses érections prétendues contrebalancent des élections gagnées. Escorts, jeunes femmes faciles, fêtes et festins alimentent le boucan généralisé. Les scandales hurlés. L’indignation criée.

Le Titanic coulait et l’orchestre se devait de continuer à jouer, mais aujourd’hui la musique a changé. Il faut du sexe, du piquant, des phallus, voire plus. Des armes de distraction de masse indispensables pour affronter ces temps plus que moroses. Sombres. Le pain et les jeux ne suffisent plus.

« Panem et Circenses »  http://bit.ly/cqY8aM

www.lameduse.ch

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