Chevènement, dix ans après

8 novembre 2011 — Poster un commentaire

L’annonce de la candidature de Jean-Pierre Chevènement a provoqué une tempête imprévue sur Twitter due à un jeu tant inutile quant divertissant dont même le Grand-Journal de Canal+ a décidé de parler. Il s’agissait de remplacer le mot d’un titre de film par Chevènement. Il suffit de suivre #remplaceunmotdansuntitredefilmparchevenement pour avoir des exemples, ou alors de laisser libre cours à l’imagination pour s’amuser.
L’annonce  a suscité aussi l’avis sans demi-mesure de Michel Rocard pour qui la candidature de Chevènement est un « poignard dans le dos » à Hollande.

La plaie ouverte par le premier tour de l’élection présidentielle de 2002 saigne toujours. Alors Chevènement avait obtenu la sixième place avec 5.3% des votes, derrière Arlette Laguillier. Au soir du 21 avril 2002, la bannière de la « gauche plurielle » était déchirée. Lionel Jospin battu par Jean-Marie Le Pen, à 200’000 vois près. Et dire que Christiane Taubira en avait obtenu 660’000. François Bayrou était aussi candidat, dans un tour de chauffe qui allait le préparer pour l’élection suivante.

La surprise et le choc provoqués par le premier tour avaient fait passer l’écroulement de la candidature de Chevènement au deuxième plan. Et pourtant, il y a dix ans -presque jour pour jour- elle avait provoqué l’enthousiasme des médias français. A l’approche de la fin de 2001, Chevènement était considéré le troisième homme qui gagnait du terrain sur le duo Chirac-Jospin. TF1 avait annoncé que selon un sondage BVA un tiers des Français étaient prêts à voter Chevènement. Puis, l’effet d’annonce passée, les intentions de vote en sa faveur avaient pris une courbe descendante. Et en même temps, les sondages n’avaient pas observé la montée de Jean-Marie Le Pen.

Aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement pourrait rééditer l’expérience. D’un côté, l’affrontement Sarkozy-Hollande. François Bayrou se représentera encore une fois. L’effet de la crise pourrait se traduire en résultat intéressant  pour Mélenchon. A travers son discours patriotique, protectionniste et eurosceptique, Chevènement pourrait occuper le rôle d’Arnaud Montebourg et obtenir quelques centaines de milliers de voix.  Avec cet élargissement de l’alternative à Sarkozy, le résultat de François Hollande pourrait pâtir. Et Marine Le Pen en jouir.

 

*1/3 des Français prêts à voter pour Chevènement, TF1, novembre 2001, http://bit.ly/tUD5F5

* Olivier Dabène, Michel Hastings, Julie Massal – "La suprise électorale: paradoxes du suffrage universel" – pp.81 – 104 - http://bit.ly/uHxE3Y

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