David Marín

La drogue*, la grande reine

In actualité, billet, point de vue, santé, scénarios, société, sport on 28 août 2012 at 06:00

Muscles saillants et puissants, trapèzes d’acier qui s’attachent très haut sur le cou, biceps de granit qui empêchent le bras de se plier entièrement. Cuisses et quadriceps d’une envergure exceptionnelle qui dans l’effort apparaissent félins et râblés. L’ensemble de son physique paraît trapu, mais lancé à sa vitesse maximale il devient une balle. À l’arrivée des 100 mètres, le chronomètre indique 9.69. Heureusement le large sourire et les tresses de Yohan Blake sont là pour que nous ne puissions pas le confondre avec Ben Johnson. Et de toute manière le Canadien né en Jamaïque n’a jamais réussi à courir aussi vite puisque à Seoul -en 1988- son chrono s’est arrêté à 9.79. Un record invalidé car Ben Johnson s’était dopé aux stéroïdes. Puis Tim Montgomery avait fait mieux, mais son record avait été également annulé à cause de dopage. Justin Gatlin, Maurice Green, Linford Christie couraient vite aussi, mais ont été tous pincés. Yohan Blake court les 100 mètres en 9.69, a des tresses et selon les contrôles effectués -à ce jour- il ne se dope pas. Usain Bolt non plus, bien entendu.

Les commentateurs espagnols de la Vuelta s’exaltent à propos des redultats d’ Alejandro Valverde et Alberto Contador et pensent que les deux coureurs cyclistes ont été victimes d’un complot qui vise le sport espagnol et qui se manifeste à travers les Guignols. Rien ne sert de leur indiquer Lance Armstrong. Peu importe que les deux coureurs espagnols aient été impliqués dans des cas de dopage puisqu’il y en a un troisième –Joaquim Rodriguez- qui alimente leur euphorie. Inutile de rappeler que Rodriguez courait avec Joseba Beloki qui lui prenait de l’EPO pour se classer troisième aux Tour de France 2000 et 2001 derrière Jan Ullrich -également dopé- et Lance Armstrong. Sert-il à quelque chose de se souvenir des coureurs plus rapides sous le règne du Texan? Alex Zulle, Laurent Dufaux, Santiago Botero, Alexandre Vinoukourov, Ivan Basso: tous ont eu recours aux substances pour pédaler plus vite.

À l’heure où les boulettes de coke peuvent s’acheter dans nos villes comme de l’aspirine, à l’heure où les analyses de nos eaux usées démontrent que nos performances professionnelles s’appuient sur un orage d’anti-inflammatoires, d’antidépresseurs et d’autres substances, il serait hypocrite d’essayer une mine scandalisée, comme si nous détournions le regard face aux doses de Ventolin utilisées lors de courses amateur pédestres ou à vélo. En tous cas, nous continuons de nous extasier avec les riffs de Keith Richards, les mots de Serge Gainsbourg et il serait plutôt inutile de continuer la liste. Comme il l’est de prétendre que des athlètes dont la performance est mesurée ne fassent pas usage de substances qui ne se différencient pas trop de l’arsenal pharmaceutique qui nous sert pour affronter la vie de quotidienne.

*The drug

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