Archives de 7 June 2011

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〉Mercredi 1er juin. La montre indique la 97e minute. Nigéria 4, Argentine 0. Le son du sifflet scinde le boucan émis par le National Stadium d’Abuja. L’arbitre indique le point de penalty. Boselli, le numéro 9 argentin, frappe fort au milieu. But. 4 à 1.Le ralenti montre qu’il n’y a pas penalty. Qu’importe : il s’agit d’un match amical et la victoire africaine est acquise. L’arbitre vient de concéder 9 minutes de temps additionnel. Ce n’est pas grave puisque c’est la fête.

Entre-temps, se frottant les mains, une quantité anormale de parieurs encaissent de très bons gains : ils ont misé au dernier moment sur un but en plus marqué après la 90e minute. Ainsi les 9 minutes et le penalty ont été leur manne d’un soir. Sauf que la densité de parieurs est trop haute. Le match est sous enquête.

« il y a quelques jours la Conclave du football mondial s’est conclue avec l’élection de Sepp Blatter, seul papable resté dans la course dans un contexte de corruption »

En 2009 une des plus grandes affaires liées à des matchs truqués avait été révélée par la justice allemande. Près de 200 rencontres suspectes, une enquête qui avait suivi les tentacules des pots-de-vin et de la corruption en Autriche, Hongrie, Croatie avec deux arrestations en Suisse.

Le scandale du « Calcioscommesse » avait secoué l’Italie en 1980 et avait été oublié avec la Coupe du Monde que les Italiens avaient conquise à Madrid. « Calciopoli » avait marqué le retour des matchs truqués en Italie en 2006. Puis les Azzurri avaient battu la France du coup de tête de Zidane. La Coupe exposée pour la joie des tifosi et les squelettes cachés dans l’armoire. Aujourd’hui, un autre scandale lié aux paris et aux parties truquées frappe l’Italie.

Il est temps de dessiner les routes du football qui portent –toutes-  à Zürich. Celles de Rome ont été déjà tracées et quand il s’agit de pédophilie et d’Église catholique, les yeux regardent la fenêtre du Vatican. Or, il y a quelques jours la Conclave du football mondial s’est conclue avec l’élection de Sepp Blatter, seul papable resté dans la course dans un contexte de corruption: une fumée blanche et immaculée qui a dégagé une odeur infecte. ♦

Il y a une sorte de machisme, ou de charme suranné, dans le fait de nommer une dame  « Mademoiselle ». Pourquoi devrait-on déterminer l’identité d’une femme en fonction de sa relation avec un homme ? Certes, il y a des Mademoiselles qui se battent pour leur identité. Elles ont dépassé un certain âge, ou un âge certain, et dans leur revendication il y a la fierté de l’indépendance plutôt que la honte du célibat.

Le souci d’élégance du  « Madame »  -à moins que la dame prétende le « Mademoiselle » d’un coup de parapluie faussement involontaire- s’est vu diminué avec l’avenènement du tiret qui unit les noms de la femme mariée qui choisit cette option : le nom d’alliance. L’adresse de courriel ou une carte de visite suffisent souvent pour indiquer l’identité d’une femme en fonction de son statut sentimental. Il s’agit d’une sorte de bague identitaire qui n’existait pas quand la loi prévoyait que Madame renonce à son patronyme pour adopter celui de son mari. Pour corriger cette injustice sexiste, il y a eu donc un choix qui n’en était pas moins. Il fallait ainsi des ajustements. Dans un souci d’égalité, depuis 2009, l’homme peut aussi choisir le nom composé.

Le débat n’est pourtant pas clos et reprend au Conseil des Etats. Une proposition prévoit que chaque conjoint garde son nom, que le couple puisse opter pour le nom d’alliance mais que le nom composé ne soit plus prévu pour la femme. Le couple pourra décider de porter le même nom et devra choisir le nom à donner aux enfants.

Qu’arrivera-t-il si le couple ou les parents n’arrivent pas à se mettre d’accord ? La solution n’est pas contemplée, ou si. À cause de ce conflit, ils pourront toujours finir par divorcer, tirant un trait sur leur nom d’alliance.

Bientôt, nous allons finir par appeler toutes les dames « Mademoiselle ». Au fond, c’est si charmant.