Défauts, des faux et des fautes

4 juillet 2011 — Laisser un commentaire

Il ne se passe pas un jour sans que la promotion d’une nouvelle technique pour gommer nos défauts occupe les pages des magazines. Sans parler de la TV qui lisse les visages de ses personnages et nous vante, entre une émission et une série, les miracles de produits qui nous rajeunissent, nous garantissant un ventre ferme et des cuisses galbées.

Botox, chirurgies, liposuccions, implants, dépilations ou blanchiment des dents. Aujourd’hui les plus hardis peuvent aussi changer leur pigmentation périanale ou celle de leurs yeux, au risque d’un glaucome bien entendu. Le résultat interpelle le goût: Orlan, Arielle Dombasle ou Lolo Ferrari. Des interventions qui faussent le corps ? Ou qui le révèlent, comme disait Agrado dans « Todo sobre mi madre » de Almódovar ?

Pour l’image c’est Photoshop. Jane Fonda devient une adolescente décatie ; Sharon Stone une bombe sexuelle au cou déformé. Sans parler des égéries masculines dont les abdos sont sculptés à force de clicks sur le calque du logiciel.
Le trucage des photos n’est pas seulement un acte esthétique, mais aussi un acte de pouvoir. Macdo gonfle ses hamburgers tandis que Rachida perd la bague bling-bling.
L’Histoire démontre que le faux photographique a été fondamental pour l’exercice de la dictature. Stalin effaçait Trotsky. Mussolini avait fait disparaître l’homme qui tenait le cheval rampant qu’il montait. Mais celle-là est une autre histoire.

Ce texte aussi a été soumis à la chirurgie d’un correcteur orthographique. Et pourtant, il se peut que la faute reste. Les défauts c’est certain.

Il y a une autre technique en revanche qui sait produire le mystère: celle de faire apparaître plutôt que disparaître.
Par exemple, prénons le site du Musée de l’Élysée de Lausanne. Jusqu’au 1er juillet dernier, l’exposition « Fellini, la grande parade » était simplement la « nouvelle exposition du Musée de l’Élysée ». Puis le site a subi un restiling. Ainsi, l’exposition est devenue une coproduction du « Jeu de Paume, Paris et NBC Photographie ». Bien entendu, le site ne dit pas que NBC Photographie appartient au directeur du Musée de l’Élysée, Sam Stourdzé.

Il y a des techniques qui  gomment les défauts par omission plus que par effacement. Derrière une image,  une autre se cache. Pour Internet il y a plutôt une cache: celle de Google. Aucun procès aux intentions. Il se peut que ce soit le tout nouveau projet pédagogique que le Musée de l’Elysée nous cache: nous inciter au jeu de « trouvez les différences ». Ou alors,  plus amusant encore: une belle partie de cache-cache.

« Fellini, la Grande Parade », ancienne version http://twitpic.com/5nig1s/full

« Fellini, la Grande Parade », nouvelle version http://bit.ly/mI77Q8

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