L’écran de fumée des jeux vidéos

5 août 2011 — Laisser un commentaire

Il est décédé à l’âge de vingt ans à cause d’une embolie pulmonaire provoquée par une thrombose. Un caillou de sang s’était formé dans sa jambe, puis s’est déplacé dans son corps finissant par obstruer une veine. Chris Staniforth passait beaucoup trop de temps à la console de jeux vidéos. Un excès d’heures sédentaires, le grumeau de sang s’est formé comme il aurait pu prendre corps dans les veines d’un employé contraint pendant le même temps devant un ordinateur ou chez un product manager obligé d’effectuer un nombre trop important de vols long-courrier. Mais mourir à cause des jeux vidéos est un triste destin qui attise le débat et la polémique. Qu’est-ce qui pousse un jeune homme à s’immerger à ce point dans un écran où -par procuration- il peut incarner Messi plutôt qu’un gangster de Los Angeles ou encore un soldat armé d’un fusil d’assaut ? Depuis des années déjà psychiatres, éducateurs et sociologues sont interpellés à chaque fois qu’un drâme de ce genre arrive. Dans l’attente de solutions restent les faits.

Il est d’une évidence crasse qu’aucun joueur ne peut se transformer en Messi par le simple fait de vêtir un maillot blaugrana et de tenir la manette de contrôle dans ses mains. De la même manière, le destin d’un joueur qui veut s’ériger en chef de gang criminelle à Los Angeles est déjà écrit sans qu’il y ait de corrélation avec les heures passées à jouer. Par contre, le fait que Anders Breivik ait utilisé les jeux vidéos pour s’entraîner semble mettre en difficulté le postulat précédent. Ainsi, les jeux vidéos ont été soupçonnés d’être des responsables du carnage et de la tragédie d’Oslo. Peu importe si aucun champion de F1 sur console ne saurait piloter vraiment une Ferrari, Anders Breivik pratiquait les jeux vidéos et l’information est devenue une explication -entre autres- de ses actes. Un écran de fumée qui masque et biaise le débat puisque Breivik avait vraiment acquis des armes et des balles réelles. Il a réellement visé, tiré et tué avec une épouvantable froideur. Un maniement et une pratique qui ne peuvent qu’être issus d’un véritable entraînement qu’il est impossible d’obtenir avec des jeux vidéos. Cependant, l’attention du débat s’est focalisée sur le plastique des armes virtuelles plutôt que sur le métal des armes réelles. Une démarche facile, mais plutôt inepte, car si Anders Breivik avait été armé seulement de console et manettes, il n’y aurait pas eu de victimes. Au pire, poussant la pratique des jeux vidéos au-delà de toute limite, Anders Breivik aurait pu trouver la mort comme Chris Staniforth, dont l’addiction n’a fait d’autres victimes que lui.

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