Archives de 28 August 2011

politicallyincorrect

Elles vont nous accompagner encore longtemps. Au moins jusqu’à l’hiver, mais il est à parier que l’année prochaine elles ne vont pas tomber, du coup, en désuétude. Deux expressions qui vont être dites et répétées, tels des points d’exclamation flanqués l’un derrière l’autre à la fin d’une phrase, ou le mot mis en exergue avec des lettres capitales.
Des locutions qui encore une fois vont mettre en évidence, avec emphase, un discours médiocre. Des ritournelles de la pensée qui masque son incapacité de séduire par l’originalité à travers la redite.

La première consiste dans la prétention du politiquement incorrect. Une pratique comparable à la revendication de l’art prononcée par le soi-disant artiste ou alors à la mise en exergue de l’humour improbable revendiqué par celui ou celle qui ne le possède pas.
Ils claironnent à très haute voix qu’ils sont les porteurs de l’esprit rebelle, seuls insoumis à la pensée unique. Souvent, ils masquent un racisme sous-jacent, qu’ils nient ; des pratiques et des intentions xénophobes qu’ils évacuent d’un revers de la main. Dans leurs langage, homophobie et machisme; à l’écran leurs expressions étonnée, celle des martyrs.
Ils ont trouvé le filon il y a des années déjà, et continuent de l’exploiter. Inutile de leur signaler que leurs discours véhiculent des mots qui, entre un coup de coude et l’autre, un verre et le suivant, nagent au comptoir nauséabond de l’antisémitisme, plutôt que de l’islamophobie. Ou alors du sexisme ordinaire. La liste est longue.

« ce type de discours, soi-disant original et prétendument courageux, est désormais devenu banal et majoritaire »

Des paroles portées tel un étendard au sein des institutions, ou du moins dans leurs antichambres. C’est le mérite, prétendent-ils, de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Et c’est là que la deuxième expression se révèle.
Il y a dans la revendication de la pensée politiquement incorrecte qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, l’indice de l’incohérence, puisque ce type de discours, soi-disant original et prétendument courageux, est désormais devenu banal et majoritaire.

Face à ce discours des martyrs spécialistes du très grand écart, il serait alors utile de revendiquer, plutôt qu’une pureté morale exempte de tout péché, une posture qui reconnaît racisme, xénophobie, machisme, homophobie et les peurs comme des agents qui sont inscrits en nous. Et que ce sont la civilisation et les formes de la démocratie qui nous permettent de les combattre. 

Face à l’avancée des brutes, agressives et hurlantes, reconnaître la part de ces caractères comme notre partie d’ombre, plutôt que les nier pour stigmatiser l’autre, serait peut-être un premier pas vers un discours cohérent, courageux et solide. Et pourquoi pas, gagnant.