David Pujadas, un flatteur (dé)masqué

7 septembre 2011 — Poster un commentaire

Était-ce un souhait, un lapsus, de la courtoisie ou alors une gaffe ?
David Pujadas, au cours du JT de 20heures de France 2, a trébuché au cours de la question posée à Martine Aubry: « Si vous êtes élue Présidente de la République, ce qu’on vous souhaite, est-ce qu’il (DSK ndr) aura une place à vos côtés dans votre équipe ? ». Une manne pour la presse de l’Hexagone qui a épinglé la phrase du présentateur pour en faire le carburant de la polémique du jour.

La chasse aux petites phrases a commencé il y a un moment déjà et n’est pas prête de s’arrêter. Cette fois par contre, tandis que les candidats lâchent des piques et des répliques, c’est David Pujadas qui a dû affronter un scénario normalement destiné à ses interlocuteurs.
A-t-il fait part de ses idées politiques à travers le souhait exprimé ? A-t-il prononcé un lapsus révélateur ? David Pujadas répond par la négative, car il s’agissait –selon lui- d’une formule de courtoisie. Une réponse qui s’éloigne du devoir de réserve, mais qui fait émerger deux questions.

La première est liée à l’attitude engluée de révérence dont font preuve les journalistes vedettes comme David Pujadas face aux personnalités politiques du même rang que Martine Aubry. Car le souhait exprimé ou déguisé en aménité est comparable à l’excès de remerciements destinés à l’invité qui a bien voulu accepter l’invitation et répondre aux questions. Une manière de faire qui fait sursauter les journalistes anglo-saxons. Vu que le candidat se présente à travers un média de service public pour que le citoyen puisse constituer son opinion en vue du vote, à leurs yeux, il ne s’agit pas de bon vouloir, mais de devoir. Et un sobre merci suffit.
Dès lors, l’explication fournie par David Poujadas est plus sournoise que l’admission explicite d’une opinion politique. Comment est-ce que le journaliste à ce point obséquieux peut-il interroger le candidat, le questionner, être son watching-dog?

La deuxième question est liée au langage impersonnel. Avec « ce qu’on souhaite », David Pujadas ne s’est pas rendu entièrement responsable de la phrase qu’il a dite, c’est pourquoi il a pu se rattraper et faufiler derrière une argumentation chétive. La courtoisie implique en revanche un engagement personnel et incarné, sans quoi elle n’est que caresse dans le sens du poil ; flatterie produite en fonction d’intérêts sous-jacents qui adoucit l’interlocuteur mais qui irrite le public. Enfin, de deux choses l’une : ou David Pujadas a entaché son devoir  de réserve, ou il s’est produit dans une perceptible courbette.

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