Sylvie Bula, une experte en finance à la tête des prisons vaudoises

22 septembre 2011 — Poster un commentaire

Il y a cinq ans la nomination de Monica Bonfanti à la tête de la police genevoise, alors plongée dans une âpre crise, avait attisé les polémiques. Criminologue, Bonfanti avait acquis de l’expérience au sein de la police zurichoise. Surtout, elle avait déjà été cheffe technique au sein de la brigade scientifique genevoise. Un atout qui lui avait permis d’affronter les attaques, dont une offensive bassement sexiste.

Aujourd’hui le Conseil d’État vaudois semble avoir opéré un choix analogue avec la nomination de Sylvie Bula à la direction du Service pénitentiaire du canton. «Le Conseil d’État est convaincu d’avoir trouvé la perle rare» a déclaré le conseiller d’État Philippe Leuba. Est-ce que la perle rare pourra s’adapter à la particularité du terrain dans lequel elle s’installe?
À 34 ans, au bénéfice d’une licence en management, Sylvie Bula est une experte de comptabilité analytique et financière. Manager depuis six ans au sein du Groupe Berney Associés, elle a rempli des missions de conseil opérationnel, financier et de contrôle de gestion. Personne ne doute de ses compétences pour maîtriser les coûts. Par contre, propulsée à la direction du Service carcéral, Sylvie Bula n’a jamais été responsable d’un secteur intermédiaire dans une prison.
 Or, c’est la mort de Skander Vogt qui a provoqué la crise au sein des prisons vaudoises. Difficile dès lors de comprendre comment la maîtrise de la gestion financière et des processus pourra répondre à des questions d’ordre humain qui relèvent de l’expérience.

Cesla Amarelle, présidente du Parti socialiste vaudois, a déclaré qu’avec Sylvie Bula une autre culture d’entreprise devrait s’imposer. Et c’est là que réside le problème. Une culture d’entreprise efface l’idée d’usager et produit des clients. Voilà donc qu’une «manager», une gestionnaire habile dans la finance va diriger un service pénitentiaire qui – soit dit en passant- n’est pas privé. La fonction publique semble obnubilée par un type de démarche qui, inversement, ne s’observe pas dans le milieu privé. Est-ce que le Groupe Berney Associés aurait engagé Sylvie Bula si elle avait été docteur en travail social?
 Il est à espérer qu’avec cette nomination, les détenus ne deviennent pas des numéros composant un tableau informatique, courant  le risque d’inscrire le nom de Skander Vogt comme simple perte au bilan.

www.lameduse.ch

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