“Vol spécial”, le deal et les renvois forcés

6 octobre 2011 — Poster un commentaire

Parmi les demandeurs d’asile en Suisse il y a des dealers. Et parmi les dealers il y a des demandeurs d’asile. L’opération que la police lausannoise vient d’effectuer dans un foyer de Vennes le démontre. 232 grammes de cocaïne, 22 d’héroïne, 42’000 CHF ont été saisis. 44 personnes déferrées à la justice, 6 en détention provisoire. Dealers et asile: une réalité qui n’a pas été occultée. La mémoire fait défaut?  2007. Titre: « Bex capitale des dealers« . 400 grammes de cocaïne et 55’000 CHF saisis. Avril 2011. 16 pushers demandeurs d’asile, arrêtés en Valais. 460 grammes et 20’000 CHF saisis. Des informations qui toutes ont été publiées. Est-ce une réalité qui nous a été cachée?

De la même manière, personne ne nous a dissimulé que l’État de droit dans lequel nous vivons gère ces délits avec le code pénal. Est-ce que la “Loi fédérale sur les stupéfiants” est inadéquate pour répondre à la problématique causée par le trafic international de la drogue, contrôlé par des réseaux criminels organisés qui s’appuient sur les flux migratoires pour distribuer la dope sur le terrain? C’est probable. Au point que la Suisse s’est dotée du renvoi des criminels étrangers.

Dans une optique plus large, liée au flux migratoire et qui ne concerne pas que les demandeurs s’asile dealers, la loi permet de détenir et de renvoyer de force des demandeurs d’asile dont la procédure a été déboutée et qui ont refusé de partir de leur plein gré. Indépendamment de leur casier judiciaire.
“Vol spécial”, de Fernand Melgar, se concentre sur un cadre de détention administrative –celui de Frambois – où les demandeurs d’asile n’ont pas été détenus pour des causes criminelles qui impliquent un autre cadre de détention. 2/3 d’entre eux ont des précédents judiciers. Par contre, provoquer l’amalgame, et justifier les renvois sous une contrainte physique dégradante à cause du passé criminel de 2/3 parmi les demandeurs d’asile détenus à Frambois, ouvre une brèche dans l’Etat de droit.  De plus, alimenter cette confusion signifie mépriser de manière abjecte l’autre tiers, qui affronte une procédure administrative sans casier judicier.

Le cinéma direct de Fernand Melgar se focalise sur la réalité qu’il traite et c’est sa limite. “Vol spécial” montre un aspect de l’asile et non pas de l’ensemble de la migration. Certes, il aurait été utile que le spectateur s’informe à propos de l’association deal/asile avant de voir le film.: les sources n’étaient et ne sont  pas cachées. C’est donc aussi la limite du spectateur, car tout n’est pas donné.

Dommage  que la projection de “Vol spécial” n’ait pas été programmée après l’intervention de la police lausannoise, ou que l’intervention n’ait pas été programmée avant la projection. Chaque spectateur aurait pu voir le film en connaissance de cause. Ou alors, il peut le revoir à la lumière des récentes informations, évitant tout amalgame.

*Loi sur l’usage de la contrainte http://bit.ly/rt82Oq

*Loi fédérale sur les stupéfiants  http://bit.ly/pwQjAz

*Mesures de contraintes asile – Amnesty  http://bit.ly/r2elxq

* Loi sur l’asile http://bit.ly/npUG3c

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