Le vent tourne au Pays Basque

25 octobre 2011 — Poster un commentaire

Dans un film de Julio Medém intitulé « La pelota vasca, la piel contra la piedra », sorti en 2003, l’écrivain basque Bernardo Atxaga disait rêver d’une ville basque – Euskal Hiria, en euskara – plus qu’à un peuple basque, l’Euskal Herria. Une ville – disait-il – n’accueille pas seulement une identité première et innée, mais mille identités. Elle appartient à ceux qui y vivent, à ceux qui la constituent.  L’écrivain imaginait une ville octroyant le droit à plusieurs identités de cohabiter, à de multiples quartiers d’exister. Entre autres, un quartier où il aurait pu continuer à parler et à écrire librement sa langue, l’euskara:  « Je pense qu’un jour ce sera réalité et nous allons nous en apercevoir car les gens vont marcher à vingt centimètres du sol, débarrassés d’un poids trop lourd ».

Le pas hésitant qui ne décolle encore pas du sol. Le reportage s’intitule « Reiniciando Euskadi ». Jesús Eguguiren se dirige vers la vieille ville de San Sebastián. Trente ans que le dirigeant du Parti socialiste basque n’y a pas mis les pieds.  Une cible parmi d’autres. Comme lui, d’autres peuvent aujourd’hui marcher librement, sans craindre pour leur vie. La liberté se manifeste aussi par des choses anodines. Deux jours après le communiqué de l’ETA annonçant “l’arrêt définitif de son activité armée”, un espace de dialogue s’ouvre au Pays Basque.

Indice du changement, l’excellent accueil avec lequel l’opinion publique a reçu « Reiniciando Euskadi ». Dans ce reportage, diffusé dimanche par « La Sexta», s’expriment la parole de victimes du terrorisme, mais aussi des opinions politiques opposées. La voix des victimes des violences perpétrées par l’État espagnol n’a pas été effacée. Il y a huit ans, « La pelota vasca, la piel contra la piedra» avait eu une autre destinée. Des voix d’indignation et de rage s’étaient levées, prenant en otage le magnifique travail de Julio Medém parce qu’il avait eu l’ambition de proposer le dialogue, sans censurer aucune voix. Une association de victimes du terrorisme et la droite espagnole plus virulente l’avaient insulté et menacé.

Aujourd’hui au Pays Basque le vent tourne. « La pelota vasca, la piel contra la piedra » pourrait être revu avec un nouveau regard, projeté dans une ville qui commence à ressembler à celle décrite par Bernardo Atxaga. Une ville où le son des discussions animées a remplacé l’assourdissant silence provoqué par la peur de la violence.

*Julio Medém, « La pelota vasca, la piel contra la piedra», 2003 http://bit.ly/abFX3O

*Appel de Julio Medém http://bit.ly/sGGUw5

*Salvados, La Sexta, “Reiniciando Euskadi » http://bit.ly/nuHt6z

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