Sergio Ermotti, un lourd passif

3 décembre 2011 — Poster un commentaire

Cheveux poivre-sel, allure d’acteur hollywoodien. Sergio Ermotti, le nouveau grand Manitou d’UBS, rassure. À peine nommé, il a annoncé une nouvelle stratégie marquée par la prudence et la réduction des risques. C’est le retour à des valeurs typiquement helvétiques.
Pourtant, jusqu’à hier, Sergio Ermotti était l’archétype du manager agressif à l’américaine. Ayant gravi les échelons chez Merril Lynch, il est engagé en 2005 par la banque italienne Unicredit, dirigée par son ex-collègue Alessandro Profumo. Il en devient vite le numéro deux. À ce moment, Unicredit est très active dans le secteur des produits dérivés. Fin 2007, « Report » -l’émission d’enquête de la RAI 3 -dénonce ses pratiques : la banque pousse ses clients -des PME, des communes et des collectivités publiques- à l’achat de produits dérivés très complexes. Ils sont rentables, surtout pour Unicredit. Les clients, eux, ont perdu 1 milliard d’euros à cause de ces opérations.

Prises à la gorge par les intérêts dus, des entreprises sont contraintes à la fermeture. C’est le cas de Divania à Bari, avec 430 employés, qui a décidé d’attaquer Unicredit en justice : le procès est en cours. De plus, en octobre dernier, le parquet de Milan a annoncé la séquestration préventive de 245 millions d’euros chez Unicredit, accusée d’évasion fiscale en 2007 et 2008.
En septembre 2010, pris dans une tempête à propos d’actionnaires libyens au sein d’Unicredit, Alessandro Profumo démissionne. Au lieu de devenir numéro un, Sergio Ermotti décide aussi de quitter le navire, en se déclarant au passage très fier qu’Unicredit ait acquis « NewSmith », un opérateur très agressif dans le secteur des produits à risques et mis en cause lors de la crise des subprimes.

Arrivé chez UBS, Sergio Ermotti est nommé directeur ad interim lors du départ d’Oswald Grübel. La presse revèle alors qu’il siège dans une société panaméenne qui gère le palace « Villa Principe Leopoldo » à Lugano. Sergio Ermotti promet de se défaire au plus vite de ce mandat ; non sans affirmer lors d’une interview au SonntagsBlick (16.10.2011), que Panama ne signifie par « argent noir » et que de toute façon, c’est l’argent noir qui a fait la richesse de la Suisse.
Aujourd’hui, le discours de Sergio Ermotti a radicalement changé de ton. Fini le cynisme, promis juré. Dans l’attente de pouvoir vérifier dans les faits s’il dit vrai, Unicredit vient d’annoncer une perte record de 10.6 milliards d’euros. C’est pourquoi UBS donne l’impression d’avoir engagé comme chef pompier un pyromane notoire.

*www.vigousse.ch

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