Millénium, Novartis et le besoin de savoir pour être ravi

26 janvier 2012 — Poster un commentaire

« Millénium » est retourné sur les écrans de cinéma et il serait intéressant de savoir si les équipes de marketing de la production de Fincher avaient prévu le contexte qui allait entourer le film à sa sortie. Ou alors, l’idée de développer un trilogie dont les héros sont un journaliste d’investigation et un hacker au féminin (pour ne pas dire hackeuse qui sonne comme auteure) était formidable et tout le mérite revient à Stieg Larsson.
Il est vrai que le phénomène de Wikileaks est dans le rétroviseur et les cheveux blancs de son protagoniste sont au deuxième plan, mais un regard aux alentours démontre que la sortie du film s’inscrit dans un mouvement particulier. Rien de nouveau : le journalisme d’investigation et les fuites d’informations ne sont pas nés aujourd’hui. Cependant, la version de « Millénium » de Fincher a été entourée de plusieurs affaires ou de cas réels qui réunissent les ingrédients qui ont fait le succès de la saga.

Derrière nous, la fermeture de « News of the world » ou quand le journalisme se transforme en espionnage de caniveau. Les instruments du piratage informatique, ou de téléphones, utilisés pour regarder à travers le trou de la serrure.
Mais nous avons vu aussi des documents informatiques quitter les regards de la Banque Sarasin pour s’imposer à nos yeux et qui ont coûté la place à Philipp Hildebrand, feu président de la Banque Nationale Suisse. Ou encore : les mails d’Iñaki Urdangarin -le membre de la famille royale espagnole mis en examen en Espagne pour une affaire de corruption- publiés dans les pages des quotidiens ibériques. Et que dire de la conversation téléphonique échangée entre le commandant du « Concordia » et Gregorio de Falco, le chef des opérations de la capitainerie de Livourne, enregistrée et balancée dans les réseaux d’internet ?

Notre soif de savoir s’attise. Il est vrai: parfois elle peut être aveuglée et se transforme en envie de vengeance ou en jugement hâtif, mais ces cas démontrent tous que le besoin de savoir et d’être informés est toujours vivant. Parfois, il s’avère que l’information prime sur la manière dont elle a été obtenue. C’est pourquoi le cas de Novartis à Prangins étonne. Les éléments devraient être réunis pour que le Conseil d’État vaudois et Novartis présentent les informations utiles à propos du mantien du site de Prangins afin que le citoyen puisse se forger une opinion. Ce n’est pas le cas, et depuis des jours nous assistons à un étrange spectacle: la répétition du mantra « des emplois ont été sauvés et il faut être ravi ». Et pourtant, il manque un facteur : à quel prix ? Silence. Personne ne l’articule. À force de vouloir nous convaincre du sauvetage des emplois, le besoin de savoir « comment » a été alimenté. Et demain il sera trop facile d’accuser le hacker ou le voleur d’informations qui répondent à la question vu qu’aujourd’hui il est manifeste qu’elles sont connues par ceux qui veulent nous convaincre, mais qu’ils ne veulent pas les dévoiler.

*Site Novartis à Prangins: Daniel Vasella s’exprime, RSR, Forum, 25.1.2012 http://bit.ly/zidSvy

Pas de commentaire

Soyez le premier à entamer la conversation !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s