La Présidentielle 2012 ou le triomphe du moindre mal

5 mai 2012 — Laisser un commentaire

Il n’y a pas de doutes à propos du fait que les deux candidats à la Présidence de la République jouissent de l’appui de militants qui les soutiennent de manière inconditionnelle. Toutefois, les voix qui finalement vont se révéler décisives sont parasitées par des facteurs qui n’ont rien à voir avec le choix d’un candidat. Le sentiment d’adhésion à la politique incarnée par un aspirant à la Présidence paraît condamné à disparaître derrière le vote destiné à punir son adversaire. L’enthousiasme pour une personnalité, pour sa politique et pour sa vision souffre, dominé par l’allégeance à des critères purement tactiques.

Certes les coups durs, l’émergence de dossiers, les petites phrases et la stratégie font partie de la politique et en constituent la saveur. Toutefois, au cours de cette campagne présidentielle, nous avons assisté à l’emprise de la médiocrité. Car il faut de l’élan pour qu’une stratégie s’illumine, de l’esprit pour qu’une petite phrase fasse mouche. Les dossiers nécessitent le courage d’enfoncer l’épée jusqu’à sa garde, la brutalité va de pair avec la vision, le projet et l’autorité. Et comme la Présidence de la République est aussi un symbole, celui ou celle qui prétend habiter la fonction ne peut pas se débarrasser entièrement du charisme sans encaisser le moindre frais.

Nul besoin pour un candidat de vêtir l’uniforme du leader charismatique chère aux dictatures, néanmoins le succès électoral de Marine Le Pen et l’apparition de Jean-Luc Mélenchon font réfléchir. L’absence d’une personnalité transcendant celle du gestionnaire ou de l’administrateur fait que d’autres puissent encaisser un succès électoral: ce sont celles qui marquent les esprits par la violence de leurs propos.
Le débat télévisé qui a opposé François Hollande à Nicolas Sarkozy, avec sa scénographie funèbre et ses deux mornes animateurs, a été le pinacle d’une campagne certes intéressante, mais dépourvue de sens. Le combat autour des chiffres, l’absence totale de la culture ou des thèmes qui fondent une société ont montré de quelle manière le rôle de Président de la République a été remplacé par celle d’un Superpremier ministre, ou celle d’un Directeur général de la République. C’est pourquoi la majorité des Français n’a voté ni pour François Hollande ni pour Nicolas Sarkozy au premier tour. Et la victoire de l’un ou de l’autre sera le résultat de votes effectués -comme disait Giulio Andreotti- en se pinçant le nez.

À l’heure où les monarchies ont su s’accommoder des démocraties parlementaires et des pouvoirs exécutifs, c’est à se demander à quoi sert d’élire le PDG d’une nation. À ce prix il vaudrait mieux une couronne habitée par une reine ou par un roi.

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