Bug présumé de Facebook : le message, c’est le bruit*

26 septembre 2012 — Poster un commentaire

Nous l’avons entendue à toutes les sauces, la phrase de Marshall McLuhan affirmant que « the medium is the message » et dont le sens souvent échappe. Aussi, la traduction en français place en première position « le message » -avec « le message, c’est le médium » – brouillant les pistes, sinon la compréhension.

Il aurait été intéressant d’entendre une conférence de McLuhan à propos de la soirée de lundi passé qui -dans un orage de bruit relayant un orage de bruit étayé sur du bruit-a vu se former le chahut autour de la rumeur relative aux messages privés échangés par des utilisateurs de Facebook publiés sur leurs murs respectifs. Une rumeur qui a été de suite relayé à travers Twitter. Puis le bruit s’est propagé par internet. Bien entendu, c’est à ne rien y comprendre. Et force est de constater qu’au cours de la soirée le bruit s’est auto-alimenté; multiplié il a été amplifié par le nombre incalculable de fois pendant lesquelles il a été cité et retransmis.
Dans le règne du plausible, sous l’empire du vraisemblable, dans l’ère du probable dominant actuellement l’univers des médias le simple doute que des messages privés échangés sur Facebook puissent avoir été rendus publics a d’abord provoqué, puis mis en lumière, une espèce d’anxiété qui dans l’agitation a engraissé la rumeur de départ, transformée ainsi en simulacre d’information. À mesure que la taille de l’onde du bruit augmentait, l’impression était prise à la gorge par l’illusion de la rumeur quittant son statut de parasite pour chercher à devenir information. Le volume du bruit paralysant sinon la réflexion du moins les questions qui nécessitent du temps et un minimum d’espace entre un parasite et l’autre pour pouvoir se former.

Tandis qu’il reste encore à méditer à propos de la nature d’un éventuel problème propulsé aux sommets de la hiérarchie de l’information, la seule certitude de lundi soir était la chute de 9% du titre Facebook, sans qu’il y ait eu un seul élément prouvant le bug. En effet, aucun média ayant rediffusé l’affaire n’a affirmé détenir des captures d’écran ou d’autres éléments de preuve.
À l’heure où de nombreux médias semblent obnubilés par Twitter -comme ils l’avaient été pour Facebook il y quelques années- le fait qu’un certain doute puisse avoir été promu, par la somme de ses semblables, à un doute certain, et que la somme des doutes ait pu être considérée comme un indice formant une pseudo-preuve de la plausibilité de la rumeur, interroge. Des expressions comme « internet embrasé » ou « l’affaire qui a enflammé la toile » traduisent à quel point ces médias, qui sont pourtant appelés à vérifier les informations, peuvent -dans une tempête médiatique de ce type- se désorienter finissant par désorienter. Le résultat est nuisible et paradoxal: rendant crédibles des bruits, les médias qui participent à la formation de la bruyante tempête médiatique fondée sur une rumeur corrodent leur crédibilité.

Quelques jours après il est temps pour la recherche et l’enquête, sans qu’aucune certitude à propos du bug de Facebook n’ait vu le jour. Il se peut alors que lundi soir le médium n’était pas le message. C’était plutôt le bruit.

*noise is the message

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