Lady Gaga et Jean-François Copé : du pareil au même

10 octobre 2012 — Laisser un commentaire

Voilà donc que la TL de nos vies quotidiennes sont confrontées à des éructations différentes et variées venant de tous bords, en provenance tant du monde du spectacle que de l’univers du spectacle de la politique.
A ce jeu, bien avant que Twitter occupe une bonne part du cerveau disponible de nombreux médias, Silvio Berlusconi a été pendant longtemps maître en la matière.
Lors de son règne, chaque jour était l’occasion pour une déclaration du Cavaliere qui allait remuer l’opinion publique provoquant le déversement de tonnes d’encre au sujet de son énoncé que les Italiens aimaient à nommer esternazione. Au sujet de Barack Obama -à peine élu Président des États-Unis- Silvio Berlusconi avait dit « Obama est jeune, beau et bronzé ». La formule contenait tous les ingrédients de la provocation berlusconienne et avait par conséquent déchaîné les commentaires et les critiques. Depuis d’autres politiciens se livrent à l’exercice selon les figures imposées par le style berlusconien : il faut de la provocation et un thème qui puissent être étayés par un substrat culturel mélangeant des blagues grivoises, une bonne dose de machisme et une poignée de racisme. Il y a aussi la posture qui exige à la fois du culot et de l’autosatisfaction à propos d’un résultat qui pourrait être prononcé entre deux gorgées de rosé au comptoir du bistrot du coin, comme le démontre une autre énoncé signé par le Cavaliere : « Il vaut mieux avoir la passion des belles jeunes femmes qu’être gay».

La culture française des « petites phrases », l’avènement de Twitter et la gourmandise pour les déclarations-chocs ont fait que les affirmations en style berlusconien fleurissent dans l’Hexagone. Ses principaux adeptes sont les politiciens se targuant de tenir un discours effronté inscrit au sein d’une mouvance politique décomplexée qui –si elle était vraiment telle- ne devrait plus hésiter à se définir grossière, populacière, vulgaire ou ordurière. Mais l’objectif n’est pas de produire de l’autocritique ou de se fustiger en public. Il s’agit plutôt d’occuper l’espace médiatique, de faire parler de soi. Le but c’est l’appropriation de codes de langage afin d’imposer le thème voulu, selon les termes choisis, à l’agenda médiatique. Jean-François Copé ne fait que reproduire la technique qui n’a rien de nouveau, tant elle est rodée. Peu importe qu’il se fasse critiquer ou que les émissions satiriques se moquent de lui, avec ses éructations Jean-François Copé occupe l’espace médiatique pour faire mouche dans l’esprit du public-électeur.

Le monde du spectacle a bien intégré cela, et depuis longtemps. Il y a quelque temps il suffisait d’exhiber un mamelon , de montrer les fesses ou de cracher en public quelques déclarations pour que la star fasse parler d’elle. Aujourd’hui, par exemple, la mode est au vomi sur scène, relayé ensuite au niveau planétaire. Demain elle sera, peut-être, l’image de la défécation.
Un crachat sur Twitter, de la vomissure, une déclaration abjecte, du dégobillage. Une rafale de commentaires et puis ça recommence. Le tout au fond se ressemble ; entre un tweet de Jean-François Copé et le vomi de Lady Gaga il n’y a qu’un doigt.

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