« Night and day », la guerre à l’UMP : deux scénarios minables

28 novembre 2012 — Un commentaire

« Night and day », le film passé lundi soir à la télévision –sur RTS Un- est mauvais, autant le dire d’entrée. June rencontre Ray. Elle c’est Cameron Diaz, lui Tom Cruise. Elle aime les voitures anciennes, lui c’est un agent spécial. Ils vont tomber amoureux, c’est évident, mais d’abord il faut qu’il protège le jeune inventeur d’une batterie qui produit de l’énergie éternelle, vu que -c’est clair- il y a des méchants dans l’histoire.
La GTO que June souhaite réparer n’est pas une Grand Torino et il aurait été bête d’en demander autant à ce film. Il y a des courses poursuites, des coups de feu, des soupçons de rebondissements. Le tout dosé pour que le spectateur du lundi soir, allongé sur son sofa, ne ferme pas entièrement le deuxième œil. Le spectateur acceptant une espèce de contrat de confiance avec le film peut en tirer son profit. Fin de l’histoire. Générique de fin. Bonne nuit.

Sauf que le scénario de « Night and day » prévoit une scène tournée à Séville. Le méchant à l’accent espagnol demande à June si elle a déjà été aux Fêtes de San Fermín. Pour peu que le spectateur ne soit pas tombé dans un sommeil profond, son attention reçoit la stimulation. Et en effet, une foule habillée en blanc –le foulard rouge noué à la taille- envahit l’écran. Puis il y a les taureaux qui courent vers l’arène. Mais la Maestranza de Séville n’a jamais connu cela, puisque les Fêtes de San Fermín ont lieu à Pampelune. L’avion qui s’écrase, les poursuites endiablées en moto, les chutes depuis dix mètres sans une égratignure: ça passe, car ça fait partie du jeu. San Fermín à Séville non, c’est se moquer du spectateur. Le contrat de confiance est rompu. De toute manière, à la fin, les méchants vont perdre ; Cameron Diaz et Tom Cruise vont s’embrasser. A quoi bon regarder le reste du film ?

Ce mauvais scénario rappelle le spectacle, minable, montré ces derniers jours par l’UMP. Les autoproclamations victorieuses, les accusations de fraude, la Cocoe, la médiation avortée d’Alain Juppé, la CNR, l’intervention de Nicolas Sarkozy, le groupe parlementaire fillonniste. L’éventualité d’un referendum pour demander aux militants s’ils veulent revoter puisqu’il y eu une votation non-exempte de fraudes. Et là réside la question centrale que ce scénario cherche à éluder. Tandis que le film continue, des votes ont été annulés, ceux de la Nouvelle-Calédonie n’ont pas été pris en compte. Et c’est sur ce point que la confiance avec le militant-électeur a été rompue. Sans l’éclaircir, les leaders de l’UMP rendent manifeste qu’ils n’existent pas pour le votant, mais par le votant. Et là où la certitude du vote est entachée, il n’y a pas de véritable démocratie.

« Night and day » ne risque pas de mettre en péril le cinéma. De la même manière, la politique survivra au déplorable spectacle offert par l’UMP. Mais, la confiance de l’électeur mise à dure éprevue, c’est le jeu des professionnels du « tous pourri » qui sort gagnant. Ce serait comme si « Night and day » servait de prétexte à des censeurs voulant interdire Hollywood sur les châines de la télévision publique sans que les scénaristes du même n’admettent qu’effectivement Seville et San Fermín ne peuvent pas être rassemblés. Un peu comme François Fillon et Jean-François Copé quoi.

One response to « Night and day », la guerre à l’UMP : deux scénarios minables

  1. 
    Marco Costantini 28 novembre 2012 à 14:35

    alors là très fort le grand écart entre Night and Day et l’UMP! chapeau bas

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s