Espagne: des affaires et du mépris

29 janvier 2013 — Laisser un commentaire

Depuis une dizaine de jours la presse espagnole se déchaine autour d’enquêtes à propos de corruption et de détournement des fonds publics. Il y a eu l’affaire Bárcenas* qui implique des dirigeants du parti de Mariano Rajoy. Ensuite il y a eu un scandale de corruption au sein du même parti, révélé par El Mundo. El País a donné une ultérieure impulsion à cette enquête. Point de départ, le compte de Luis Bárcenas à la Dresdner Bank de Genève. Suivant le flux d’argent, l’investigation a atterri en Argentine où -selon le quotidien- Luís Barcenas possède une exploitation agricole de 30’000 hectares en société avec Angel Sanchís, un autre ex-trésorier (jusqu’au 1988) du Partido Popular. Toujours en 2009, selon les informations publiées par différents médias espagnols, Luís Bárcenas a aussi transféré 4.5 millions d’euros depuis la Dresdner Bank sur des comptes de HSBC et de UBS Stamford Branch aux États-Unis.

Par ailleurs il y a aussi d’autres affaires impliquant des personnalités publiques comme Oleguer Pujol, le fils de l’homme politique catalan Jordi Pujol, qui selon El Mundo aurait acheté trois immeubles du « Grupo Prisa » (le groupe qui détient El País) avec de l’argent en provenance de l’île de Guersney. Ou le cas de Arturo González Panero, élu du PP, qui selon une enquête menée par le juge Antonio Pedreira peut être relié à un compte ouvert par son épouse à la HSBC de Genève et inséré dans la liste volée par Hervé Falciani.

En marge à ces affaires, où comptes bancaires, enquêtes judiciaires, accusations de détournement de fonds publics et de corruption s’entremêlent à d’importantes sommes, il y a en une autre qui provoque un rire jaune. Il concerne la Fondation Idea, liée au Parti socialiste, et Amy Martín, une pigiste de la revue de la fondation qui a reçu 50’000 euros pour ses articles, payés en moyenne 3000 euros chacun. Or, Amy Martín n’existe pas et la direction du PSOE a suspecté que Carlos Mulas, le directeur de la fondation, avait inventé le subterfuge pour encaisser des revenus supplémentaires. En réalité, Amy Martín était le pseudonyme de l’écrivaine Irene Zoe Alameda, épouse de Carlos Mulas forcé entre-temps à la démission. Ou du moins, Irene Zoe Alameda vient de sortir de l’ombre déclarant qu’elle était Amy Martín, mais que son mari, dont elle est séparée, n’en était pas au courant. Du coup, Carlos Mulas aurait engagé sa femme, via son agent, sans jamais l’avoir rencontrée au tarif de 3000 euros par article.

A l’heure où de très nombreux journalistes en Espagne perdent leurs emplois risquant de perdre aussi leur métier, cela sonne plutôt à une forme de moquerie teintée de mépris que souvent les espagnols résument par un adage populaire argentin qu’il ne vaut pas la peine ici de traduire mais qui dit « nos mean y dicen que llueve ».

*Espagne: une affaire de corruption fait trembler le parti au pouvoir, http://bit.ly/WKc1X4

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