L’orange, l’éplucheur et Edward Snowden

26 août 2013 — Laisser un commentaire

putindresden

Lors d’un cycle de conférences en 2011, au cours desquelles il parlait de son idée de créativité et du projet de la Fondation elBulli, Ferran Adrià se présentait face à son auditoire, une orange à la main. Le public était souvent formé par des professionnels de la cuisine, ou de la gastronomie, peu importe. Après avoir montré le fruit de sa réflexion, Ferran Adrià demandait aux personnes présentes si elles savaient combien de types d’agrumes il y a dans le monde. Face au mutisme et aux mauvaises réponses, le chef demandait alors si quelqu’un connaissait l’origine de l’orange. Très rares les réponses exactes. Et puis encore : il invitait son auditoire à citer trois recettes d’un pays au hasard – le Brésil plutôt que la Mongolie- contenant de l’orange et cela sans dire « jus d’orange ». Aucune réponse, et dire que l’auditoire était constitué de professionnels de la profession.

Alors Ferran Adrià disait qu’avant de préparer la conférence il ne connaissait pas non plus les réponses à ses questions, mais surtout que le préambule de la créativité est l’admission du fait que nous ne savons rien.

Aujourd’hui j’ai eu la chance d’être confronté à un objet que je n’avais jamais vu auparavant. L’animateur du cours a utilisé l’objet pour démontrer que face à la nouveauté nous utilisons un ensemble de connaissances et des savoirs que nous avons acquis, mais qui peuvent se révéler parfaitement inutiles pour comprendre la nature, le fonctionnement, d’un objet méconnu. Il s’agissait d’un éplucheur mécanique de pommes dont la fonction a été détectée par des participants au même cours bien plus éveillés que moi.

« Poutine, officier du KGB responsable de liaison avec la Stasi, à Dresde dans les années ’80 »

J’aimerais aussi pouvoir trouver un objet à vous présenter à l’occasion de cette reprise d’ « un ristretto! ». Le portrait d’Edward Snowden, peut-être . Ce regard qui m’a particulièrement touché lors de l’interview tournée dans une chambre d’hôtel à Hong-Kong. Cependant, aucune idée concrète qui pourrait apporter plus, comparé à ce qui a été dit et écrit à ce jour sur Edward Snowden, ne me vient à l’esprit. Plutôt une image qui active mon intérêt et mon imagination.  Il s’agit du portrait de Vladimir Vladimirovitch Poutine, officier du KGB responsable de liaison avec la Stasi, à Dresde au cours de la deuxième moitié des années ’80.

Arrivé à ce point je reste songeur. Je pense à l’orange, à l’éplucheur et à Edward Snowden tandis que je tourne la cuillère dans la tasse de café. Et dire qu’il n’y a pas de sucre. ♦

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