Le transfert de Bale au Real Madrid : au-delà de l’indécence

2 septembre 2013 — Un commentaire

DEUDA DE LOS EQUIPOS DEL FUTBOL ESPAÑOL

En Espagne il l’appellent « culebrón del verano », vu que le mot « culebrón » fait référence à des soap-operas, voire des télénovelas, où les récits s’enchaînent sans fin pour tenir en haleine le spectateur. Depuis plusieurs années déjà, le feuilleton estival se joue au sein du mercato des footballeurs. Ainsi, depuis le mois de juin la question d’un transfert de Gareth Bale, le joueur gallois du Tottenham, au Real Madrid a alimenté le feuilleton. Encore une fois, il arrive à sa fin lors du dernier jour du mercato. Le transfert a eu lieu. Fin du « culebrón ».

La recette que Florentino Pérez a inventée lors de sa première présidence du club madrilène en 2000 a été le transfert spectaculaire d’un grand joueur. À travers le montant astronomique payé, le Real Madrid faisait augmenter sa valeur médiatique. Une stratégie de mises à la hausse, pouvant assurer au club des recettes issues de l’image du footballeur. Nous connaissons les exemples : Luis Figo, Zinedine Zidane, Kaka, Cristiano Ronaldo.
Cependant, par le passé la réalité économique de l’Espagne n’était pas immergée dans l’obscurité actuelle. Le Real Madrid avait par exemple pu financer l’achat de Cristiano Ronaldo avec l’aide de la Caja de Madrid, ensuite Bankia : une banque qui sans l’aide de l’État aurait sombré, il y a une année, dans la faillite.

« le Real Madrid rendu a compte à ses socios d’une dette cumulée de 600 millions d’euros. Aujourd’hui, les clubs de ligue nationale espagnole doivent 663 millions d’euros au fisc »

Sans répéter les données qui décrivent l’état catastrophique dans lequel se trouve l’Espagne, deux montants montrent la folie qui touche le football et la schizophrénie des supporters. Lors de l’assemblée du club qui a eu lieu en septembre 2012, le Real Madrid rendu a compte à ses socios d’une dette cumulée de 600 millions d’euros. Aujourd’hui, les clubs de ligue nationale espagnole doivent 663 millions d’euros au fisc.

Alors, peu importe que le transfert de Gareth Bale se chiffre à 91 millions d’euros, comme le prétend le Real Madrid, ou à 100 millions comme le dit Tottenham. À la lumière de l’état de l’Espagne, un montant de cet ordre pourrait appeler à l’indignation, mais produit surtout de l’incompréhension. Il ne s’agit plus de reproduire l’adage du pain et des jeux, dans un pays où le pain, pour des couches socio-économiques élargies, n’est plus assuré.

Le football n’est décidément plus un spectacle populaire, mais agit sur ces couches plutôt comme une drogue dure qui génère un état d’abrutissement. Tandis que l’accès aux stades est facilité pour ceux qui considèrent que le transfert de Gereth Bale est -au fond- un très bon investissement. ♦

Une Réponse vers Le transfert de Bale au Real Madrid : au-delà de l’indécence

  1. 

    oui carrément indécent dans un pays durement touché par une crise économique qui dure et dont l’Espagne se relèvera difficilement, on va comme ça alimenter des courants comme les indignés et diviser la société

    J'aime

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