Le français avec mon français

14 septembre 2013 — 6 commentaires

retirada

〉J’écris le français avec mon français parce que ça me plait, parce que ça m’amuse, parce que  j’aime ça. Je me divertis, je trouve ça cool, passionnant, difficile, captivant, compliqué, absorbant bien que je sache qu’il ne faut pas exagérer avec les adjectifs, les adverbes, les incises –qui pourraient par leur longueur polluer le message et confondre le lecteur sur l’objectif visé par un texte perçu comme un amas de mots mis en forme par un type qui parle italien, espagnol et qui ne sait même pas prononcer une phrase correcte en allemand- les allitérations, les formules alambiquées, les poncifs, les idées reçues, la facilité.

Je le fais, car je m’arroge le droit de m’approprier d’un matériau éloigné que je gratte parfois comme une guitare électrique mais qui souvent, je l’admets, devient pédant, ennuyeux et perd l’arôme des premiers billets d’ « un ristretto ! ». Personne ne m’oblige à remplir de mots une page A4, ma tête de notes, mes idées de questions traduites et mélangées dans un mixer multilingue qui ne tourne pas très régulièrement . Il s’agit d’un acte libre, souvent torturé, probablement narcissique et désintéressé avec lequel je ne gagne un centime et qui m’induit à reprendre une clope.

« Je vais continuer à écrire le français avec mon français et si un jour quelqu’un trouve une note funky dans mes mots, j’en serai ravi »

C’est de la désinvolture et très souvent, comme les mots qui se suivent l’un après l’autre ici,  c’est le reflet de ma balourdise, de ma gaucherie. Souvent je doute, voulant tout jeter à la poubelle. Cliquer, supprimer définitivement. Effacer ces billets qui s’empilent dans un tas de vieux papier électronique. Mais je ne le fais pas, parce que je ne possède que ces mots en français et en italien, désormais, ce serait la même chose.

Je le publie puisque c’est mon espace, car quelques lecteurs s’amusent des maladresses stylistiques, linguistiques, de l’exotisme méditerranéen sans s’offusquer du code des bâtards. Je vais continuer à écrire le français avec mon français et si un jour quelqu’un trouve une note funky dans mes mots, j’en serai ravi. Pour le reste, je m’aperçois bien que chercher à malaxer une matière étrangère puisse l’endurcir ou la balafrer. Mais je crois toujours qu’il y ait quelqu’un qui puisse esquisser un sourire parce qu’il est familier avec cette matière-là. ♦

6 responses to Le français avec mon français

  1. 

    ton français est très beau et funky alors surtout ne t’arrête pas en si bon chemin

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  2. 

    C’est un type qui gratte parfois en anglais (mais pas aussi bien) qui te le dis: continue.

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  3. 

    L’important est le plaisir du rythme car l’écriture est aussi une musique.

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    • 

      Mais pour l’obtenir, le rythme, il faut un niveau compliqué à atteindre. Des ratures qui se suivent, des mots qui échappent. Comment faire pour s’en approcher? La seule réponse que j’ai, pour le moment, est ne pas baisser les bras et continuer.

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