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  Le dernier conseiller fédéral tessinois a été Flavio Cotti, mais il n’est plus évident de se souvenir de quand à quand. 1986-1999 dit le site du Dictionnaire historique de la Suisse, disponible en français, allemand, italien, mais pas en romanche. Dommage. Le site de la Conféderation, lui, propose aussi le romanche, mais les communiqués de presse de cette section linguistique sont en « tudestg *». Il est vrai que d’un point de vue national le romanche a été presque oublié. Sera-t-il bientôt suivi par l’italien ?

Bien entendu, il s’agit d’un scénario catastrophe qui aide toutefois à s’interroger à propos du Tessin, le canton qui avec une partie des Grisons donne lieu à la Suisse italienne et qui aujourd’hui paraît marginalisé au niveau fédéral. Il est probable que le Tessin, avec l’émergence et la consolidation de la « Lega dei Ticinesi », soit coresponsable de sa situation vu que ce parti a toujours mené une politique de rupture avec Berne. Une hypothèse qui n’est pas soutenue par les militants de la « Lega dei Ticinesi » pour qui la création de leur parti a été une conséquence aux décision prises par la Confédération. Aux historiens et aux politologues de résoudre le paradoxe, semblable à celui de l’oeuf et de la poule.

« Aujourd’hui les points de contact entre le Tessin et la Suisse romande paraissent aussi plus fragiles qu’il y a vingt-cinq ans. Pendant les années ’80, par exemple, les résultats des votations fédérales au Tessin ont été souvent semblables à ceux de la Suisse romande »

Aujourd’hui les points de contact entre le Tessin et la Suisse romande paraissent aussi plus fragiles qu’il y a vingt-cinq ans. Pendant les années ’80, par exemple, les résultats des votations fédérales au Tessin ont été souvent semblables à ceux de la Suisse romande, dans un élargissement du « Röstigraben » au sud des Alpes qui alimentait l’idée d’une Suisse latine. La « Lega dei Ticinesi » a vu le jour en janvier 1991 et le 6 décembre 1992, refusant l’adhésion à l’Europe, le Tessin a marqué une espèce de rupture avec la Suisse romande, confirmée par le refus des accords bilatéraux avec l’UE exprimé par les Tessinois lors des votations de mai 2000.

La récente décision de la Commission de la santé publique du Conseil des États, qui a refusé d’entrer en matière sur la compensation des primes d’assurance maladie payés en trop par huit cantons, pourrait être une occasion pour que le Tessin et la Suisse romande renforcent leurs relations. En effet, les Tessinois ont payé 192 millions en trop – 576 CHF par habitant- dans une condition qui évoque celle de Genève -880 CHF/hab- et de Vaud avec 955 CHF/hab. C’est pourquoi le canton au sud des Alpes suit avec un vif intérêt les démarches qui se dessinent à ce sujet dans les deux cantons romands. Il y aura-il une alliance entre ces trois cantons relative aux primes maladies excessives? Il sera en tout cas intéressant de suivre les évènements jusqu’au mois de mars, quand le Conseil des États prendra une décision.

A ce moment-là ce sera presque le printemps, et une fois la décision du Conseil des États connue l’idée du Tessin pourra titiller les esprits romands pour une escapade plutôt qu’au sujet des primes maladie, et cela jusqu’à la fin de septembre. Tandis que pour le prochain conseiller fédéral tessinois il faudra encore attendre et personne ne sait jusqu’à quand. Une seule chose est sûre : il y en aura un dans « un certain temps ». ♦

*allemand

Muscles saillants et puissants, trapèzes d’acier qui s’attachent très haut sur le cou, biceps de granit qui empêchent le bras de se plier entièrement. Cuisses et quadriceps d’une envergure exceptionnelle qui dans l’effort apparaissent félins et râblés. L’ensemble de son physique paraît trapu, mais lancé à sa vitesse maximale il devient une balle. À l’arrivée des 100 mètres, le chronomètre indique 9.69. Heureusement le large sourire et les tresses de Yohan Blake sont là pour que nous ne puissions pas le confondre avec Ben Johnson. Et de toute manière le Canadien né en Jamaïque n’a jamais réussi à courir aussi vite puisque à Seoul -en 1988- son chrono s’est arrêté à 9.79. Un record invalidé car Ben Johnson s’était dopé aux stéroïdes. Puis Tim Montgomery avait fait mieux, mais son record avait été également annulé à cause de dopage. Justin Gatlin, Maurice Green, Linford Christie couraient vite aussi, mais ont été tous pincés. Yohan Blake court les 100 mètres en 9.69, a des tresses et selon les contrôles effectués -à ce jour- il ne se dope pas. Usain Bolt non plus, bien entendu.

Les commentateurs espagnols de la Vuelta s’exaltent à propos des redultats d’ Alejandro Valverde et Alberto Contador et pensent que les deux coureurs cyclistes ont été victimes d’un complot qui vise le sport espagnol et qui se manifeste à travers les Guignols. Rien ne sert de leur indiquer Lance Armstrong. Peu importe que les deux coureurs espagnols aient été impliqués dans des cas de dopage puisqu’il y en a un troisième –Joaquim Rodriguez- qui alimente leur euphorie. Inutile de rappeler que Rodriguez courait avec Joseba Beloki qui lui prenait de l’EPO pour se classer troisième aux Tour de France 2000 et 2001 derrière Jan Ullrich -également dopé- et Lance Armstrong. Sert-il à quelque chose de se souvenir des coureurs plus rapides sous le règne du Texan? Alex Zulle, Laurent Dufaux, Santiago Botero, Alexandre Vinoukourov, Ivan Basso: tous ont eu recours aux substances pour pédaler plus vite.

À l’heure où les boulettes de coke peuvent s’acheter dans nos villes comme de l’aspirine, à l’heure où les analyses de nos eaux usées démontrent que nos performances professionnelles s’appuient sur un orage d’anti-inflammatoires, d’antidépresseurs et d’autres substances, il serait hypocrite d’essayer une mine scandalisée, comme si nous détournions le regard face aux doses de Ventolin utilisées lors de courses amateur pédestres ou à vélo. En tous cas, nous continuons de nous extasier avec les riffs de Keith Richards, les mots de Serge Gainsbourg et il serait plutôt inutile de continuer la liste. Comme il l’est de prétendre que des athlètes dont la performance est mesurée ne fassent pas usage de substances qui ne se différencient pas trop de l’arsenal pharmaceutique qui nous sert pour affronter la vie de quotidienne.

*The drug

Pascal Strupler, le directeur de l’Office fédéral de la santé publique, nous annonce que la hausse des primes maladie pour l’année prochaine sera « modérée ». C’est le pouvoir du propos imbu de tiédeur : il n’éveille pas les soucis et évite le sursaut de rage provoqué par le portefeuille qui s’allège.
L’été est là, les vacances s’approchent. Pourquoi est-ce que le chef de OFSP devrait produire une information cafardeuse? Estimer ajourd’hui une hausse « modérée » nous permettra d’arriver à l’automne -quand le climat s’assombrit au même rythme que les estimations- avec une réserve d’optimisme suffisante pour que notre moral ne s’effrite pas complètement.

La deuxième lecture taquine le doute puisque la mélasse «modérée» englue le propos. Il convient alors d’évaluer. Pascal Strupler nous dit que l’accroissement des primes a été réduit grâce à la décision de ne plus inclure dans les prestations la participation aux coûts des lunettes. Selon le communiqué de l’OFSP de décembre, l’économie était évaluée à 40 millions mais elle incluait un ensemble de prestations : lunettes, lecteurs de glycémie, couches pour l’incontinance. Un montant, 40 millions, qui ne permet pas une réduction drastique de la hausse des coûts. Alors, il y aurait lieu, sur cette base, de nous faire du souci. C’est que l’estimation était fausse et largement sous-évaluée. Ajourd’hui l’OFSP chiffre l’économie pour les seules lunettes pour enfants à 70 millions de francs : un rapide calcul et l’économie finale, adultes compris, explose.

La conclusion est donc sans équivoque : l’éventuelle modération de l’accroissement des primes 2012 résulte d’une opération qui déplace les coûts mais qui ne les réduit pas. La compensation sera opérée par notre portefeuille dès lors que chasser ainsi les coûts par la fenêtre comptable revient à les faire rentrer par la porte de nos dépenses.
Hausse « modérée » ? La participation aux frais des lunettes n’est plus mais nous ne sommes pas myopes à ce point.

«La hausse des primes devrait être « modérée »», ATS, 24heures, 19.6.2011 http://bit.ly/iQd4nh