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hollande-segolene 1988

 Le remaniement. François Hollande. Manuel Valls, Premier ministre. Arnaud Montebourg  « Ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique ». Comme si la reprise de la production par l’industrie française était imperméable à l’économie. Comme si le numérique n’était pas un outil de redressement productif grâce aux entreprises spécialisées dans les IT ou actives dans le secteur du software . Celles-ci, voulant être pinailleur, il faudrait les nommer « entreprises consacrées à la production et au développement de logiciels informatiques» afin de s’aligner avec l’idéologie du « Made in France » martelée sans grands résultats par ce même ministre.

En effet, la courbe du chômage en France ne veut pas entendre raison, coriace dans la direction prise. Et dire que son inversion a été à maintes reprises invoquée par François Hollande, Jean-Marc Ayrault et par le ministre du redressement productif. Rien. La courbe du chômage n’obéit pas aux injonctions du pouvoir.
Il faudra tout de même trouver un remède, une solution, à ce problème.
À croire qu’un « Ministère de l’inversion de la courbe du chômage » puisse voir bientôt le jour. A moins que cette mission ne soit pas attribuée, à travers une fonction supplémentaire, à l’actuel ministre de l’économie etc. Séparée de tout le reste, bien entendu : « …du numérique et de l’inversion de la courbe du chômage ».

Ce serait dès lors curieux de voir comment les graphistes de Bercy pourraient résoudre le casse-tête produit par une nouvelle carte de visite d’Arnaud Montebourg et ses nombreuses fonctions. Au pire le ministre pourrait proposer une impression recto verso et l’affaire serait réglée. Celle de la nouvelle carte de visite et non pas le problème de direction de la courbe du chômage qui -elle- pourrait continuer sa course sans aucun obstacle.

« La nomination de Ségolène Royal au gouvernement me fait penser à une comédie américaine sur le câble »

Et puis il y a Ségolène Royal. L’ex-compagne de François Hollande est entrée au gouvernement, au Ministère de l’écologie, produisant ainsi une situation plutôt cocasse. Il n’est donc pas impossible que le gouvernement commence à réfléchir à une « Commission spéciale pour la transparence des relations entre partenaires ou ex-partenaires au sein des classes dirigeantes »: histoire de faire taire les magazines people, ravis de déverser des tonnes d’encre à propos de la relation Hollande-Royal.

Comme si le feuilleton n’était pas assez tordu, un détail croustillant vient le garnir. En effet, lors de la campagne de Ségolène Royal pour l’élection présidentielle de 2007, Arnaud Montebourg avait prononcé une petite phrase qui n’a pas perdu de sa saveur. Il était alors le porte-parole de Ségolène Royal et invité par le « Grand-Journal » de Canal+ avait affirmé : «Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut: c’est son compagnon ».

En France pour diriger pendant une journée « Libération », l’écrivain américain James Ellroy a dit: « La nomination de Ségolène Royal au gouvernement me fait penser à une comédie américaine sur le câble. Mais à la télé américaine, l’ex-femme serait devenue lesbienne et aurait eu une aventure torride avec une femme du nouveau gouvernement. Et lui reverrait la maîtresse avec laquelle il a trompé sa première femme ». Un style de scénario que le feuilleton à la française ne réussit manifestement pas à égaler.

François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg : les voilà finalement réunis. La telenovela à la française peut continuer. ♦

*James Ellroy à Libération: http://bit.ly/1oxORoK

*Arnaud Montebourg au « Grand Journal », Canal+ »,  http://bit.ly/1k7wMvU

C’était il y a huit mois et la primaire socialiste arrivait à sa fin. Lors d’une interview, Audrey Pulvar avait été très dure face à Segolène Royal, invitée à « On n’est pas couchés », l’émission de Laurent Ruquier. Alors, l’attitude de la journaliste avait alimenté des questions relatives à un éventuel conflit d’intérêts médiatico-sentimental, vu qu’elle avait dévoilé sa relation avec Arnaud Montebourg. Une question légitime et pertinente que la journaliste avait balayée d’un revers de la main. Depuis, la réponse qu’Audrey Pulvar consacre à ceux qui soulèvent publiquement cette question s’abreuve à la sempiternelle source du sexisme.

Le résultat de la primaire socialiste, avec le très bon score d’Arnaud Montebourg, avait porté une pierre supplémentaire à la construction de ce conflit d’intérêts. Ségolène Royal battue par Arnaud Montebourg, Audrey Pulvar n’avait pas su renoncer à s’afficher aux côtés de son compagnon pour fêter un résultat qui était pour ce dernier  synonyme de victoire.
Bien entendu, il est légitime de croire à l’indépendance de la journaliste malgré sa liaison sentimentale, et il serait bête de penser que le travail d’une journaliste  pourrait être influençable seulement parce qu’elle est une femme. C’est que la question du sexisme, pour ce sujet, n’est pas pertinente et s’engouffrer dans ce type d’argumentation revient non seulement à déplacer le débat, mais à reproduire une logique machiste. Car le problème reste le même avec un journaliste homme et une femme politique.  Si Éric Zemmour avait été le compagnon de Nadine Morano et l’interviewé un adversaire politique de cette dernière, la question soulevée aurait été identique. Élisabeth Kopp, la ministre radicale suisse, avait dû démissionner du Conseil Fédéral parce qu’elle avait appelé son mari, l’informant qu’il était sous enquête, et non parce elle était la première conseillère fédérale suisse.

Arnaud Montebourg est aujourd’hui un ministre du gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault, tandis qu’Audrey Pulvar, après avoir interviewé il y a deux semaines Marielle de Sarnez, samedi passé, lors d’ « On est pas couché », a interrogé le N° 2 du Parti socialiste et Louis Aliot, du FN.
La question d’un conflit restant à l’ordre du jour, malgré l’adieu sirupeux d’Audrey Pulvar à FranceInter, le journaliste Jean Quatremer l’a soulevée via Twitter. D’autant plus qu’ « On n’est pas couché » est diffusée par France Télévisions, donc par le service public.  Et Audrey Pulvar d’entonner le même refrain : chasse aux sorcières, accusations, sexisme. Une ritournelle qui apparemment n’a pas été entendue par France Télévisions qui -selon « Le Point»-  entend mettre la journaliste à l’écart de la politique.

L’occasion était pourtant belle de faire preuve -pour une fois- d’une vraie démarche antisexiste ou du moins inhabituelle. Personne ne demandait à Audrey Pulvar d’abandonner le journalisme politique puisque pour résoudre ce conflit d’intérêts médiatico-sentimental Arnaud Montebourg aurait pu renoncer à la fonction de ministre.

 

Emmanuel Berretta, « France 2 écarte Audrey Pulvar de la politique », lepoint.fr, 20.5.2012 http://goo.gl/8XH7e

unristretto.net/2011/10/11/audrey-pulvar-un-conflit-d%E2%80%99interets-mediatico-sentimental/