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〉J’écris le français avec mon français parce que ça me plait, parce que ça m’amuse, parce que  j’aime ça. Je me divertis, je trouve ça cool, passionnant, difficile, captivant, compliqué, absorbant bien que je sache qu’il ne faut pas exagérer avec les adjectifs, les adverbes, les incises –qui pourraient par leur longueur polluer le message et confondre le lecteur sur l’objectif visé par un texte perçu comme un amas de mots mis en forme par un type qui parle italien, espagnol et qui ne sait même pas prononcer une phrase correcte en allemand- les allitérations, les formules alambiquées, les poncifs, les idées reçues, la facilité.

Je le fais, car je m’arroge le droit de m’approprier d’un matériau éloigné que je gratte parfois comme une guitare électrique mais qui souvent, je l’admets, devient pédant, ennuyeux et perd l’arôme des premiers billets d’ « un ristretto ! ». Personne ne m’oblige à remplir de mots une page A4, ma tête de notes, mes idées de questions traduites et mélangées dans un mixer multilingue qui ne tourne pas très régulièrement . Il s’agit d’un acte libre, souvent torturé, probablement narcissique et désintéressé avec lequel je ne gagne un centime et qui m’induit à reprendre une clope.

« Je vais continuer à écrire le français avec mon français et si un jour quelqu’un trouve une note funky dans mes mots, j’en serai ravi »

C’est de la désinvolture et très souvent, comme les mots qui se suivent l’un après l’autre ici,  c’est le reflet de ma balourdise, de ma gaucherie. Souvent je doute, voulant tout jeter à la poubelle. Cliquer, supprimer définitivement. Effacer ces billets qui s’empilent dans un tas de vieux papier électronique. Mais je ne le fais pas, parce que je ne possède que ces mots en français et en italien, désormais, ce serait la même chose.

Je le publie puisque c’est mon espace, car quelques lecteurs s’amusent des maladresses stylistiques, linguistiques, de l’exotisme méditerranéen sans s’offusquer du code des bâtards. Je vais continuer à écrire le français avec mon français et si un jour quelqu’un trouve une note funky dans mes mots, j’en serai ravi. Pour le reste, je m’aperçois bien que chercher à malaxer une matière étrangère puisse l’endurcir ou la balafrer. Mais je crois toujours qu’il y ait quelqu’un qui puisse esquisser un sourire parce qu’il est familier avec cette matière-là. ♦

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〉Il y a de plus en plus cette tendance de ne plus rien commencer puisque tout débute. Finalement, c’est l’indice d’une représentation continue : quand tout débute et plus rien ne commence c’est comme si à chaque fois il y avait une première, une nouvelle et perpétuelle levée de rideaux. Si au tout début, par exemple, à la place du commencement il y avait eu un début alors le projet aurait été différent. Aujourd’hui, au contraire, le projet semble changer puisqu’il y a de moins en moins de fatalités et de plus en plus de défis. La fin d’un projet en appelle un autre, dans une courbe de croissance nourrie d’efficience. Il s’agit d’une tendance de plus en plus difficile à mesurer dans le discours, mais qui recherche un ensemble de mouvements qui se suivent. Les courbes du graphique de la vie dictent, résument et synthétisent les nouveaux projets, l’efficience et le début d’une nouvelle tendance qui généralement vise la hausse plutôt que la baisse.

De moins en moins de personnes peuvent s’extraire de cette tendance à relancer les défis, qu’ils soient du quotidien, professionnels ou carrément hédonistes. Alors tout débute car chaque mouvement de commencement est en réalité une série qui annonce un ensemble de décisions et d’actes qui s’assemblent d’abord dans un projet,puis dans un chantier qui ne peut pas commencer vu qu’il débute.

« Les courbes du graphique de la vie dictent, résument et synthétisent les nouveaux projets, l’efficience et le début d’une nouvelle tendance qui généralement vise la hausse plutôt que la baisse »

Prétendre que tout ne soit pas –de plus en plus- dévoré par les chantiers des défis et des projets ressemble aujourd’hui à un combat d’arrière-garde. Dans l’éternel commencement du même réside l’illusion de l’éloignement de la fin, c’est pourquoi il convient de débuter plutôt que de commencer. Proposer un autre chantier ou un projet différent serait aussi compliqué, puisqu’il serait inscrit dans le même type de démarche : sortir du défis permanent par un autre défis est en effet paradoxal.

Ayant de moins en moins d’idées pour sortir de l’impasse provoquée par de plus en plus de projets et de chantiers qui visent à la fois à l’efficience et à la croissance, laissant de moins en moins d’espaces à la respiration et à l’imprévu, le projet pourrait être celui de résister. A moins que résister  puisse se révéler trop dur. L’issue pourrait alors se matérialiser, dans un moment de détresse, dans l’abandon de tout projet. Laisser le chantier en l’état pour s’en extraire; renoncer aux courbes et aux tendances pour en finir. ♦

La recherche des mots pour optimiser l’expression d’une opinion n’est pas une tâche facile. D’autant plus que certains mots s’imposent par leur facilité ou alors par un étrange phénomène : leur utilisation se généralise de manière transversale, de bouche en bouche avec un effet boule de neige. Pour l’obtention de résultats probants, extrapoler des mots qui véhiculent la pensée de manière originale, l’organisation d’un brainstorming avec des acteurs issus de milieux différents s’avère utile puisque plusieurs disciplines travailleraient en synergie.

Le processus d’élaboration de concepts et d’idées véhiculées par les mots devient alors un investissement à long terme qui permet parfois de réformer le projet initial. Surtout, l’acquisition du matériel linguistique participant à l’élaboration d’un système référentiel profite au développement des mentalités.

Toutefois, avec la mise en place d’une telle stratégie, l’euphorie risque parfois de s’installer. Les acteurs qui participent à son actuation, perdant de vue la cible initiale du processus, pourraient oublier que le cœur de la mission n’est pas tant de s’adonner au plaisir du jeu de mots et des calembours, mais de fournir des outils linguistiques utiles à l’ensemble des partenaires pour la gestion de la problématique. C’est pourquoi il faut piloter ce processus. Il est impératif de constituer un agenda pour déterminer des miles stones du brainstorming, sans quoi il pourrait se prolonger au-delà de la deadline prévue. Or il ne faut pas que cette phase de recherche mette en péril la maîtrise des coûts du processus.

C’est pourquoi il est indispensable d’en optimiser le fonctionnement, tant au niveau de sa mise en oeuvre qu’au niveau de l’agenda. C’est la condition pour établir la confiance des partenaires : si le modèle est respecté, le brainstorming produit un ensemble de mots utiles pour solutionner de manière efficace la problématique que le projet ambitionne de gérer. Si le cœur de mission n’est pas respecté et sa gestion peu efficace, la phase s’avère par contre inutile. Il vaudrait mieux alors renoncer à l’actuation du brainstrorming et employer dès le début de simples mots valise. Cela est peu créatif certes, mais participe à la réduction des coûts et permet de passer sans heurts à la phase suivante.