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 Parfois des yeux vierges de nos disputes domestiques regardent la réalité helvétique avec une simplicité déconcertante qui nous interroge: « Comment se fait-il que dans votre pays un parti puisse représenter le drapeau national piétiné et l’afficher partout ? ».

La réponse, il faut l’admettre, prend du temps. Il faut expliquer l’histoire de l’UDC au touriste étranger ignorant les choses de la Suisse qui attend le train sur le quai de la gare. Prendre le temps, pour qu’il comprenne. Se donner la peine de lui dire que le thème de l’immigration est le cheval de bataille de l’UDC, préciser que plusieurs fois déjà ses affiches ont mis en scène la croix suisse.
« Oui je comprends, chez nous aussi il y a des nationalistes, mais le drapeau du pays est leur symbole ». En Suisse aussi. Sur les affiches des candidats UDC, il y a une bannière avec la croix suisse. « Alors pourquoi en faire un tapis où les gens marchent? » Parce que l’UDC s’oppose à l’immigration massive et l’affiche symbolise l’étranger qui envahit la Suisse.

« Chez nous quand il faut représenter l’étranger à la rigueur c’est son drapeau qui est utilisé par des nationalistes, pas le nôtre. » C’est une campagne-choc, un message fort qui provoque l’électorat. Avec autant d’immigrés, l’identité suisse est en danger.
« Je pensais que la Suisse était fière de son pays et de son drapeau». Elle l’est et l’UDC veut le défendre de l’agression des étrangers. « Je pense que là c’est ce parti qui agresse ce symbole national. Dans mon pays les patriotes montrent le drapeau aux fenêtres, aux balcons. Les nationalistes en font une flamme, ils se drapent dans ses couleurs. Le représenter ainsi, provoquerait leur colère et un scandale sanglant!».

« Je pense que là c’est ce parti qui agresse ce symbole national. Dans mon pays les patriotes montrent le drapeau aux fenêtres, aux balcons »

Là il s’agit de montrer le risque que l’immigration fait courir à la Suisse ! « Pour lui attribuer sa juste valeur, il faut que le drapeau vole haut, non? » Le train arrive, il n’y a plus beaucoup de temps. Pour comprendre, il faut savoir que le pourcentage de population étrangère en Suisse augmente et que la fin justifie les moyens. « Dans mon pays ce sont les séparatistes qui traitent le drapeau comme ça ». Oui, mais face à l’immigration, tu ne ferais pas la même chose ? « Non ». Pourquoi ? « Parce que le drapeau suisse n’est pas un torchon ».

* la Croix fédérale http://bit.ly/nv3rkJ

mortauxcons

 Un. De retour dans leurs tribunes, hurlant leur rage alcoolisée dans l’espoir d’une victoire, ils se drapent avec les couleurs de leur club agrémentées de motifs fascisants dans la sotte conviction de leur supériorité. Aveuglés par une course à la suprématie sur le terrain, ils ne cessent de casser et vandaliser. Chaque semaine, ils sont responsables de coûts réels liés à la sécurité. Toutefois, dans le simulacre de leurs chants de bataille, le coupable est toujours l’autre.
La horde laisse toujours la sale trace de son passage et n’est que rarement remise en question . Dans sa bêtise , elle se gorge d’intolérance envers l’étranger feignant d’ignorer que si le club peut finalement rivaliser avec les autres, c’est grâce à une manne financière élargie par un scheik plutôt que par un oligarque proche d’une dictature.

Deux. Un paysage bucolique parsemé de drapeaux suisses. Le sentier de montagne et ses randonneurs qui s’approchent de la cime.
Une halte rafraîchissante. Dans le fond de l’écran, le vert électronique des pâturages et les cimes parsemées de neige numérique. Une mise en scène pour que la publicité de la bière fasse saliver nos papilles gustatives, attirées par le pouvoir désaltérant d’une mousse au couleurs helvétiques. Sous la carte postale, aucune signature n’indique que Feldschlössen, depuis dix ans, n’est plus qu’une marque parmi d’autres de la multinationale Calrsberg. Un subterfuge de communication qui voudrait nous faire voir un drapeau suisse là où, en réalité, il y en a un danois.

Trois. Les dirigeants de l’UDC ont plusieurs fois répété qu’il était ignoble de récupérer la tragédie d’Oslo et le poids des morts pour alimenter le débat politique. Il est vrai qu’une affiche avec une photo d’Anders Breivik accompagnée du slogan «Ce qui arrive à force de se shooter à l’islamophobie » n’aurait pas nourri le débat. Pire, elle l’aurait pollué, avec l’évocation du macabre. Par contre, les jeunes UDC du Valais ont regardé les pages people s’arrogeant le droit de découper et utiliser l’image du décès d’Amy Winehouse pour leurs fins politiques. Ainsi, les jeunes UDC valaisans nous disent qu’ils aiment satisfaire leurs appétits voyeuristes  dans la presse de caniveau et surtout qu’ils reproduisent de façon idiote une démarche qu’ils dénoncent par ailleurs-

« Un ristretto réchauffé n’est jamais bon, mail il aurait été malhonnête de ne pas reconnaître que de commencer cette liste a été aussi un acte bête »

Pire.
Quatre. Un ristretto réchauffé n’est jamais bon, mail il aurait été malhonnête de ne pas reconnaître que de commencer cette liste a été aussi un acte bête, vu que les faits démontrent que le ristretto servi, arrivé sur la table, était déjà refroidi.

En effet, dans une stupide surenchère,  les jeunes socialistes du Valais ont vraiment fabriqué une affiche qui reproduit l’image que Breivik a montré de lui pour qu’elle circule.  Le slogan : « L’intolérance tue ». Heureusement que la bêtise, elle, ne tue pas. Il y aurait sûrement un illuminé pour demander sa traduction en justice pour crimes contre l’humanité. Mais sur ce point, il vaut mieux se taire car l’affiche pourrait déjà se trouver sous presse.

Christophe Schenk, « Le combat rock tire à droite », Bon pour les oreilles, http://bit.ly/pvqh5d