Archives For vaud

topelement

〉   Non, mais moi,  je suis content. Je suis content. Enfin, content, il ne faut tout de même pas exagérer, ou bien. Je suis déçu en bien. Et moi, lorsque je suis déçu en bien, je suis déjà à moitié content. J’aurais pu être fâché et pas seulement si le jeune UDC avait été élu, ou aurait été élu, mais parce qu’il ne fallait surtout pas que le Tessinois de la Léga soit élu. Je veux bien qu’on nous entende, je veux bien qu’on nous entende, mais là, les méthodes de la ‘Léga’, de la Léga de i ticcinesi comme ils disent là-bas, ça va quand même un peu trop loin, ou bien (ça va quand même un peu trop loin).

Le mieux est l’ennemi du bien et parfois le moindre mal c’est bien; le moindre mal c’est bien. Alors, on l’avais bien compris que l’UDC zurichoise voulait mettre sur pied un dilemme qui n’était pas facile à résoudre, en principe. Mais bon, il fallait compter sur le fait que plutôt que prendre des risques inconsidérés ou inconsidérables, les Suisses préfèrent le moindre mal. Même si le moindre mal a un goût de vin de la Côte, le moindre mal -parfois- c’est quand même bien, ou bien (quand même).

À la fin, on s’en fiche pas mal de l’anglais et de sa prononciation. Le français est une langue nationale et l’arrogance de l’intelligentsia zurichoise, car même l’UDC –hein- a une intelligentsia, a bien mérité ce coup de nez, ou quelque chose comme ça. Quelque chose comme ça.

D’un côté il y avait Norman Gobbi et ça n’était vraiment possible. De l’autre Guy Parmelin et il est vrai qu’il a cette image de vigneron, terrien, simple, prudent et un peu mou (et un peu mou). Et bien, ces deux là devaient mettre en lumière le jeune suisse-allemand bardé de diplômes, comment il s’appelle celui-là déjà: celui-là, quoi.

Alors, à un moment donné, le reste des partis ne voulait quand même pas se faire imposer un élu qui ne donne vraiment pas le goût des traditions; de l’attachement à un terroir, à des racines. On allait quand même pas nous faire imposer un UDC avec l’ambition de l’économie et des finances, du contrôle de la bourse: de l’argent, quoi.

Norman Gobbi, c’était un peu trop, hein. C’était un peu trop. Et l’autre, le Thomas machin-truc-chose-là, n’a pas brillé par sa bonhomie, par sa sympathie ni par son charisme. Et son élection faisait un peu peur. Alors, c’était mieux un vigneron du milieu du lac, c’était mieux un vigneron. Comme ça, ça fait d’une pierre deux coups et de deux coups, deux coups de blanc. Et de deux coups de blanc, deux coups du milieu, même si c’est du lac. Les UDC romands ne sont tout de même pas tous des Yvan Perrins et lorsqu’il faut faire compter le poids des traditions, du bon sens, de la normalité et d’une bonne et longue descente rien ne vaut un UDC vaudois. Rien ne vaut un UDC vaudois.

Enfin, les autres vaudois qui regardaient au Conseil Fédéral, font le poing dans leur poche et doivent bien s’accommoder de tout ça. Car pour eux, c’est la fin. Le rêve du Conseil Fédéral c’est fini, quoi.

Alors, tant bien que mal, c’est bien. Enfin, c’est pas trop mal, ou bien. Tôt ou tard il faudra un Tessinois ; Alain Berset pourra s’occuper des finances s’il le veut, Doris Leuthard pourra briller, Didier Burkhalter rayonner par sa discrétion, le Président est un PLR et bientôt il sera romand. Et puis il y aura même un vaudois. En plus, il y a un deuxième UDC au Conseil Féderal et Norman Gobbi est retourné au Tessin. C’est pas bien ça? Maintenant c’est réglé. C’est normal. Le moindre mal et tout le monde n’est pas fâché: donc avec le moindre mal tout le monde est content ou presque. Le moindre mal fait que tout le monde est presque content; comme ça tout le monde plus qu’être soulagé en mal est -au moins- déçu en bien. ♠

Il y a cinq ans la nomination de Monica Bonfanti à la tête de la police genevoise, alors plongée dans une âpre crise, avait attisé les polémiques. Criminologue, Bonfanti avait acquis de l’expérience au sein de la police zurichoise. Surtout, elle avait déjà été cheffe technique au sein de la brigade scientifique genevoise. Un atout qui lui avait permis d’affronter les attaques, dont une offensive bassement sexiste.

Aujourd’hui le Conseil d’État vaudois semble avoir opéré un choix analogue avec la nomination de Sylvie Bula à la direction du Service pénitentiaire du canton. «Le Conseil d’État est convaincu d’avoir trouvé la perle rare» a déclaré le conseiller d’État Philippe Leuba. Est-ce que la perle rare pourra s’adapter à la particularité du terrain dans lequel elle s’installe?
À 34 ans, au bénéfice d’une licence en management, Sylvie Bula est une experte de comptabilité analytique et financière. Manager depuis six ans au sein du Groupe Berney Associés, elle a rempli des missions de conseil opérationnel, financier et de contrôle de gestion. Personne ne doute de ses compétences pour maîtriser les coûts. Par contre, propulsée à la direction du Service carcéral, Sylvie Bula n’a jamais été responsable d’un secteur intermédiaire dans une prison.
 Or, c’est la mort de Skander Vogt qui a provoqué la crise au sein des prisons vaudoises. Difficile dès lors de comprendre comment la maîtrise de la gestion financière et des processus pourra répondre à des questions d’ordre humain qui relèvent de l’expérience.

Cesla Amarelle, présidente du Parti socialiste vaudois, a déclaré qu’avec Sylvie Bula une autre culture d’entreprise devrait s’imposer. Et c’est là que réside le problème. Une culture d’entreprise efface l’idée d’usager et produit des clients. Voilà donc qu’une «manager», une gestionnaire habile dans la finance va diriger un service pénitentiaire qui – soit dit en passant- n’est pas privé. La fonction publique semble obnubilée par un type de démarche qui, inversement, ne s’observe pas dans le milieu privé. Est-ce que le Groupe Berney Associés aurait engagé Sylvie Bula si elle avait été docteur en travail social?
 Il est à espérer qu’avec cette nomination, les détenus ne deviennent pas des numéros composant un tableau informatique, courant  le risque d’inscrire le nom de Skander Vogt comme simple perte au bilan.

www.lameduse.ch